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Selon
Jonathan Swift, l’auteur des ”Aventures de Gulliver”,
”le pain est le pilier de la vie”. Pour nous français,
il a longtemps constitué l’aliment de base. Même
si ce n’est plus le cas aujourd’hui, le pain demeure
encore une nourriture quasiment sacrée qu’il ne faut
ni gaspiller ni jeter.
Nous avons rencontré deux passionnés qui consacrent
une bonne partie de leur temps à redonner au pain la première
place. Le plus âgé est un amoureux des moulins, le
plus jeune, tout juste trentenaire, a la passion du pain et le
désir de transmettre tout le savoir qu’il a accumulé,
à ses semblables.
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Pour s’informer, visiter…
• Boulangerie-pâtisserie-artisanale Septentrion
Village des métiers d’art
Chemin des Coulons
9700 Marcq-en-Barœul
Tel/fax : 03 20 46 68 49
du mardi au dimanche
de 9 à 19 h
(sur réservation à partir de 8 personnes)
• Visite guidée ”Au four et au moulin”
: visite d’un moulin à farine,
de l’espace meunerie, de la boulangerie, de l’atelier
du pain
• Réservation :
6 rue Gauthier de Châtillon
59013 Lille
Tel : 03 20 57 59 59
fax : 03 20 57 52 70
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Le
métier de meunier est un métier de perfectionniste. De son
travail dépend la qualité de la farine et il n’est
pas de bon pain sans bonne farine. Dans une vie antérieure, Jean-Marie
Broutin a travaillé en usine. Pour s’évader de la
grisaille du quotidien, il s’est pris de passion pour les moulins
au point d’en avoir construit un lui-même, installé
dans le jardin de sa maison. Ce moulin, grandeur nature, dont toutes les
pièces et rouages sont parfaitement ajustés, est capable
de fabriquer de la vraie farine que Jean-Marie n’est pas peu fier
de nous montrer.
Dans sa maison, une multitude d’objets, tableaux, photos témoignent
de cet amour envahissant pour les moulins dont nous pouvons voir de temps
à autre les imposantes silhouettes en parcourant la campagne.
A l’occasion d’une exposition intitulée ”Du moulin
au pain” retraçant la filière blé-farine-pain,
Jean-Marie Broutin a présenté, dans le grand hall d’accueil
de la Cram, ses maquettes, ses outils, ses plans et une bonne partie de
sa collection de photographies. Il aurait aimé pouvoir montrer
aux visiteurs le moulin qu’il a construit de ses mains mais l’entreprise
était trop risquée.
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Un petit musée vivant
A l’autre bout de la filière, il y a le boulanger. Partenaire
du meunier, son rôle économique et social est essentiel.
Jacky Beaucamp l’a bien compris et pour que ce rôle puisse
survivre à l’industrialisation de la profession, il se partage
entre la ”Maison du pain” qu’il a créée
et la défense et illustration du bon pain qu’il transmet
aux écoliers, aux adolescents et à tous ceux désireux
de connaître l’histoire du pain à travers les siècles.
La boulangerie-pâtisserie de Jacky est une vraie caverne d’Ali
Baba, elle regorge d’objets chinés dans les brocantes, récupérés
auprès de boulangers partant à la retraite, donnés
par les familles. Vieux pétrins, moules à gâteaux,
à brioches, étagères à pain… Un vrai
petit musée où flotte une bonne odeur de pain chaud, de
brioches savoureuses et autres spécialités (un pain à
la pomme délicieux).
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Le boulanger
est intarissable :
il peut raconter l’histoire de chaque objet, son usage, expliquer
l’origine des gâteaux. Nous apprenons ainsi que les célèbres
gaufres fourrées sont dues à la gourmandises de certains
curés qui trouvaient les hosties trop sèches.
Ils suggérèrent aux boulangers de couler une couche de
crème entre les deux fines rondelles de pain sans levain pour
les rendre plus moelleuses. Le résultat a été si
convaincant qu’une spécialité est née et
s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
Jacky est aussi un inventeur. Il espère bien pouvoir mettre au
point très prochainement un camion itinérant dans lequel
on pourra cuire le pain dans un four (construit par un artisan belge),
afin de montrer aux curieux, grands et petits, le processus de fabrication
complet, en dehors de la boulangerie.
Ardent militant du terroir, notre boulanger utilise des farines régionales
pour fabriquer une grande variété de pains (pain au maroille,
à la bière, entre autres). Défenseur de la qualité
des produits et surtout de la transmission du patrimoine culturel autour
du pain, la création d'un musée ne l'intéresse
pas vraiment, car, dit-il : "Je préfère un petit
musée vivant à un grand musée mort".
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